État actuel de l’agriculture française

En 2017, l’agriculture française fait face à de nombreuses crises des marchés menant à une baisse quasi-générale des revenus des agriculteurs et une baisse du nombre de petites exploitations.
Analysons dans un premier temps les chiffres de cette agriculture :

  • Sur le territoire français, on comptait 516 000 exploitations en 2010. Ce chiffre contraste avec le nombre d’exploitations recensées en 2000, qui était alors de 665 000 est aussi relativement faible comparé aux autres pays de l’Union européenne comme la Roumanie, comptant 3 millions 800 mille exploitations. De plus, dans la majorité des exploitations agricoles françaises, le chef d’exploitation travaille seul avec l’appui ponctuel de salariés ou de membres de sa famille. En effet, en moyenne les exploitations françaises utilisent 1,5 unités de travail.

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  • Ceci nous amène aux emplois dans l’agriculture. Ceux-ci se dénombrent en unité de travail annuel. L’unité de travail annuel (UTA) est l’unité de mesure de la quantité de travail humain fourni sur chaque exploitation agricole. Cette unité équivaut au travail d’une personne travaillant à temps plein pendant une année. En France, ce chiffre s’élève à 849 mille UTA, correspondant à moins de 10 % du nombre d’UTA total dans l’UE

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  • Sur le territoire français, on compte actuellement environ 27 millions d’hectares en surface agricole utile (surface déclarée par les exploitants agricoles comme utilisée pour la production agricole, abrégée en SAU). Ceci représente une très grande partie du territoire français, c’est-à-dire à 42 % de la superficie de la France. De plus, cette surface agricole représente 16% de la SAU totale de l’Union européenne. Cette grande superficie consacrée à l’agriculture peut être expliquée par la géographie de la France. En effet elle possède de larges fleuves qui la traverse du nord au sud et d’est en ouest ce qui lui permet d’avoir des champs irrigués en abondance. Elle possède également un climat tempéré favorable pour l’agriculture. De plus le fait que la France ne se trouve sur aucune faille sismique majeure et qu’elle ne souffre pas souvent de catastrophe naturelle lui retire certains problèmes présents dans les autres agricultures du monde, permettant une compétitivité importante.

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Quant à la superficie de chaque exploitation, elle est très grande par rapport aux pays de l’UE, elle s’élève à 52.6 ha alors que la moyenne européenne est de 14 ha. Ainsi, nous remarquons que même si la France ne compte pas « énormément »  d’exploitations, cela se compense par leurs tailles.

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  • Côté production, la France était le premier pays producteur agricole de l’UE. En 2014, l’Union européenne a produit 373 milliards d’euros de produits agricoles bruts (non transformés). La France a contribué à 18 % de ce total avec une production qui s’élevait à 67 milliards. Globalement, la France occupe la première place dans toutes les catégories de productions. Lorsqu’elle ne figure pas à la première place, elle se situe dans les 3 premières. On peut résumer ceci dans un tableau :

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Carte de la production agricole de chaque région (La catégorie Grandes cultures représente les céréales, les oléagineux, les protéagineux ou encore quelques légumes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Le commerce extérieur de l’agroalimentaire en France constitue un solde positif. En d’autres termes cela veut dire que la différence entre la valeur des exportations et celle des importations entre deux pays (ou deux zones) est positive. La valeur de ce solde est de 11,6 milliards d’€. Ceci se démarque par le fait que plusieurs autres sources de commerce extérieur possèdent un solde négatif comme par exemple les produits manufacturés (-34.7 milliards d’€) ou encore les produits énergétiques (-48,4 milliards d’€). Ces soldes correspondent à l’année 2013 et constituent une valeur sûre dans le commerce de la France.
  • Cependant même si le solde est positif, les revenus et la croissance agricole ne sont pas forcément élevés. En effet, ces dernières années, le revenu agricole est très perturbé et ceci est marqué par des oscillations dans le revenu moyen des exploitations agricoles. etat-agri-7

Nous pouvons voir depuis quelques années, les revenus sont instables et dépendent des cours de chaque produits. De plus, il se trouve qu’en plus d’être instables il sont bien en dessous du revenu moyen disponible par habitant.

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Des chiffres plus précis et récents nous montrent une disparité encore présente entre les produits. Il peuvent s’élever jusqu’à plus de 50 000 € par an pour des vignerons ou descendre jusqu’à 17 000 € pour les céréaliers.

Grâce à toutes ces données nous pouvons estimer l’importance de la place de l’agriculture dans l’économie française. Il est primordiale d’entretenir cette productivité afin d’assurer une économie florissante. Le déclin de l’agriculture porterait un sérieux coup à l’économie française.


Fin 2016, nous avons pu constater dans les médias que les producteurs laitiers et bovins manifestaient leur détresse quant aux prix de vente de leurs produits. Ceci cache une crise plus large qui peut même toucher les producteurs céréaliers. Plusieurs facteurs entrent en jeu pour l’expliquer :

  • Le premier est climatique et son impact sur la production ne peut pas forcément être réduit. Ainsi, en 2016 nous constatons que la production et les rendements des cultures de blé se sont effondrés à cause de mauvaises conditions climatiques comme un manque de luminosité au printemps et au début de l’automne ou un excès d’intempéries. Ces mauvaises conditions réunies amènent le rendement à baisser comme le montre ce graphique :
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Le rendement ne dépasse pas les chiffres enregistrés en 1983, montrant le désastre de cette récolte.

  • Un autre facteur très important est le cours du marché. En effet,  dans la plupart du temps c’est lui qui décide du revenu et des bénéfices de chaque exploitation. C’est lui qui a amené les exploitants laitiers à manifester en août 2016 pour une augmentation des prix d’achats, expliquant que celui-ci s’élève en moyenne à 257 € pour 1000 litres alors que le coût de production est de 350 € pour 1000 litres.
    Les cours du marché affectent aussi les céréaliers, car ils sont mondialement au plus bas depuis 2009, rendant les mauvaises productions plus « destructrices ».
    Enfin, les éleveurs bovins sont aussi touchés, en perdant aux alentours de 300€ pour une bête de 400 kg.
  • Pour finir, la compétitivité peut impacter le marché à cause d’une surproduction par exemple et ainsi réduire les prix.

Tous ces facteurs en partie réunis amènent à une crise agricole rendant les exploitations non rentables et amenant les agriculteurs à parfois devoir renoncer à faire vivre l’entreprise familiale.

Nous pouvons ainsi nous demander si l’agriculture de précision peut aider les agriculteurs à surmonter cette crise.

Lien vers la suite : https://agriculturedeprecision.wordpress.com/les-apports-potentiels-de-lagriculture-de-precision/

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