Le futur de l’agriculture de précision

L’agriculture de précision est loin d’être à son apogée, que ce soit populairement ou technologiquement parlant. Ainsi, le progrès technologique et les nouvelles découvertes scientifiques vont encore augmenter l’efficacité de l’agriculture de précision. Voici quelques exemples d’améliorations qui font actuellement l’objet de recherche :

 

  • Tout d’abord, il y a l’amélioration de la diversité des cartes de préconisation. En effet, les cartes de modulation d’azotes sont les plus courantes sur le marché. Cependant, les autres données récupérées par les capteurs ne sont  pas assez exploitées.  Il s’agira donc de développer la commercialisation de ces cartes. On peut notamment prendre l’exemple d’une carte indiquant la quantité d’irrigation en eau à apporter à une parcelle (caractérisé par l’état, ou non, de stress hydrique de la plante) ou la dose de régulateur de croissance à épander sur les plantes (substance constituée d’hormones de croissance telles que l’auxine ou la gibbéréline et qui agit principalement sur la division cellulaire de la plante).

 

  • Ensuite, il y a la mesure des autres critères de variabilités inter-parcellaire. Les recherches de ces dernières années ont surtout concerné l’étude de la variabilité du sol, puis l’étude du couvert végétal de la parcelle. Maintenant, les chercheurs s’intéressent aux variations des conditions météorologiques présentes sur une exploitation. Par exemple, la température et le taux d’humidité à l’intérieur d’une parcelle peut varier et il est donc intéressant de le mesurer pour moduler au mieux les apports. On verra donc apparaitre à l’avenir des radars hydro-météorologiques qui permettront de mesurer les précipitations et l’humidité, mais aussi des capteurs thermiques embarqués sur les satellites/drones/avions qui mesureront les variations de température à l’échelle de la parcelle.

 

radarhydro

exemple de radar hydro-météorologique

 

  • Certaines personnes souhaitent également changer de capteurs pour récupérer les données liées à la plante. En effet, ils envisagent d’exploiter la fluorescence de la plante pour connnaître ses caractéristiques.
    Mais qu’entendons-nous par fluorescence ?
    Lorsque la majorité des rayons lumineux sont absorbés par les chlorophylles de la plante, ils interagissent avec l’appareil photosynthétique de la plante et une petite partie de la lumière est alors réémise : c’est la fluorescence.

 

fluorescence

 

La fluorescence permet de connaitre l’efficacité de la photosynthèse de la plante, c’est à dire sa santé. Elle permet également de connaitre sa teneur en polyphénol, molécules contenues dans l’épiderme de la feuille, grâce a l’analyse du spectre lumineux de la fluorescence (plus précisément par l’observation du réfléchissement à la longueur d’onde  485nm qui correspond à la couleur bleue-verte).  La quantité de polyphénol est, comme la chlorophylle, un indicateur de nutrition azoté. Mais elle est également différente entre les espèces de plantes. On peut donc l’utiliser pour estimer le pourcentage de mauvaises herbes sur la parcelle. Malheureusement, la fluorescence émise par les plantes est très faible, environ 1 à 2 % de la lumière reçue, et ce n’est pas suffisant pour en extraire des informations précises. C’est à partir de là que commence les recherches qui essaient d’utiliser les lasers pour augmenter l’intensité de la fluorescence. Pour rappel, le LASER (pour Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation) est une amplification de la lumière émise qui donne un rayonnement hautement énergétique. L’intensité de la lumière des lasers est environ un million de fois plus importante que celle de la lumière naturelle. La fluorescence émise par la plante sera ainsi beaucoup plus importante et donc exploitable. Il suffit donc pour les scientifiques de trouver comment combiner cette technologie avec l’étude de la surface d’un champ et les agriculteurs auront accès à une nouvelle forme de données.

 

L’agriculture risque de changer considérablement ces prochaines années. En effet, le ministère de l’agriculture a publié une série de projet en octobre 2015 visant à améliorer la compétitivité de l’agriculture tout en réduisant son impact sur l’environnement. Cette mission se nomme Agriculture-Innovation 2025 et pour plus d’informations, voici le lien de la brochure disponible sur internet : http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/rapport-agriculture-innovation2025.pdf

 

Lien vers la suite : https://agriculturedeprecision.wordpress.com/conclusion/

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